Les oies de Méry
Suivant le fil de l’eau Sur l’Ourthe si belle Les oies sont un tableau Comme une aquarelle Quelques petits canards Cancanent doucement Et se tiennent à l’écart Du troupeau prudemment Et quand vient le passant Avec du pain rassis Tout en se dandinant Elles...
La Lune
Au profond de la nuit Dans un ciel en berne Astre mort elle luit Comme une lanterne La lune est complice Des amants clandestins Elle est tentatrice Les inspire sans fin Combien de mots d’amour Tendrement répétés Qu’elle inspire toujours Sous sa tendre...
Réminiscence
Oh Madame vous souvient-il De l’amour qui nous a unis Je le croyais sans le péril De le voir mourir dans l’oubli Dieu comme je vous adorais Votre rire et votre air mutin M’avaient conquis à tout jamais Vous aimer était mon destin Je ne voyais que par...
Ma vedette
À ma femme, liégeoise que j’ai tant aimée Lorsque j’étais encore adolescent J’adorais le portrait des vedettes Je regardais avec ravissement Leurs photos vendues dans des pochettes Elles avaient le visage d’un ange Alliant la pureté et la beauté J’avais...
Le loup
La nuit est si sombre que la lune blanchit Les arbres dénudés de ce bois endormi Le silence est si lourd que tous les promeneurs Hâtent soudain le pas prisonniers de leur peur Dans le lointain s’entend le hurlement d’un loup Cri d’appel et d’amour, cri...
Dualité
Il pleuvine sur le jardin Les fleurs baissent leur corolle En s’inclinant sous le crachin Dans ce temps qui les désole Pourtant la plante a besoin d’eau Pour survivre et s’épanouir Pour humidifier son terreau Ne pas en avoir c’est mourir Il fait soleil...
La première idylle
Je voulais tant te consoler Car tu avais le cœur chagrin Ce fut l’amour d’un seul été Qu’a voulu t’offrir le destin Un amour d’adolescence Tendre comme un premier baiser Sous le soleil de Provence Est difficile à oublier Aussi blonde que les genêts Et...
L’aveuglement
La nuit quand je ne dors pas Je rêve à toutes les beautés Que j’ai pu admirer à Spa Avec mes yeux d’enfant gâté Ce fut un merveilleux cadeau Auquel je ne croyais guère Connaître enfin un renouveau Après cette triste guerre La sirène et son hurlement Annonçait...
Le chauffard et l’enfant
Un pantin désarticulé Git au milieu de la route Un petit corps martyrisé Il se meurt sans aucun doute Sa petite tête blonde Tranche sur le rouge du sang La fillette moribonde Ne respire plus maintenant Pourtant elle était joyeuse À pédaler sur son vélo...
Le vieux grigou
On le disait bon comme le pain Pourtant il avait ses humeurs Il râlait du soir au matin Car c’était un vieil emmerdeur Il n’aimait pas l’injustice Qu’il voyait tout autour de lui Et il condamnait d’office Les nouveaux mendiants d’aujourd’hui Sous prétexte...
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