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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Une petite Belgique francophone nourrie par la France ? Réalité ou fiction ?

27 Mars 2010 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

Le GEWIF (Groupe d'études pour la Wallonie intégrée à la France ) vient de publier son premier cahier, intitulé "Faits économiques et perspectives ».

 

Les membres fondateurs en sont Edgard Baeckeland, Guy Bertrand, Willy Burgeon, Jean-Alexis D’Heur, Paul Durieux, Jules Gheude, Jean-Sébastien Jamart, Philippe Lange, Jean-Luc Lefèvre, Jean Lerusse, Jean-Claude Matrige, Michel Pieret, Jean-François Renwart. La plupart sont des ex-membres du RWF souvent candidats malheureux aux dernières élections régionales qui font porter leur échec à une stratégie d’approche  de l’électeur du RWF (selon eux - NDLR) qui effraie les Wallons, cramponnés à un système politique d’assistanat généralisé.

 

Comme attendu, ce premier cahier reprend l’argumentation qu’un certain Jacques Lenain,  Français de son état et auréolé de son appartenance à un cabinet ministériel français (celui des sports apparemment) avait apporté aux États généraux de Wallonie en mai 2009. Il faut bien dire que ces États généraux avait été suivi par  une centaine de participants, la plupart de la mouvance rattachiste et que les résultats du vote qui justifie la création du GEWIF, n’offraient aucune légitimité à parler d’une expression populaire.

 

Mais voici quelques perles glanées parmi les considérations éditées .

 

À propos de la ligne politique de réunion à la France du RWF :

 

« (…) Jacques Lenain écarte aussi catégoriquement la formule « assimilation », qui détruirait le système juridique et social belge hérité de près de deux siècles d’histoire ainsi que les récents acquis des Wallons en matière d’auto-administration.

 

En outre, comme l’ont montré les travaux de la commission « réunion à la France » des États généraux de Wallonie, une assimilation serait proprement inapplicable du fait de divergences essentielles entre les systèmes belges et français, notamment en matière d’enseignement (la France ne connaît pas le Pacte scolaire), de santé (les mutuelles sont chez nous politisées et puissantes), de législation sociale (durée du chômage limitée en France). (…) »

 

Mais tout n'est pas perdu :

 

« Pour Jacques Lenain, seule une formule d’union-intégration pourrait constituer une solution réaliste. Contrairement à une opinion encore largement répandue, explique-t-il, le cadre institutionnel français offre, en effet, une très grande souplesse. Il permettrait, via l’octroi d’un statut particulier (article 72 de la Constitution), de combiner le maintien de l’autonomie de la Région wallonne et la conservation de l’essentiel du corpus juridique belge avec la solidarité nationale financière et sociale française, garante du maintien des systèmes sociaux et des services publics.

 

Et tout cela, en assurant la protection politique d’un État fort, avec un soutien

politique complet. En un mot, les Wallons ne devraient pas se présenter tout nus devant Marianne pour revêtir l’uniforme français.

 

Entité régionale maintenue, la Wallonie conserverait ainsi ses organes d’auto-administration actuels (Parlement et gouvernement). Ses compétences seraient préservées et même élargies à celles exercées par la Communauté française, laquelle aurait perdu sa raison d’être. Quant à l’ex-droit belge, conservé, sauf exceptions, il se trouverait placé sous la responsabilité du législateur français, successeur du législateur fédéral belge disparu. Les compétences des provinces et des communes seraient maintenues. Et notre système de sécurité sociale serait adossé au système français. (…) »

En réalité, ce n’est qu’un vent incertain venu de France qui a inspiré quelques rattachistes qui pensent que cette « tambouille » pourrait être utilisée à leur profit et séduire des électeurs indécis sur l’avenir. « Venez chez moi, la soupe sera aussi bonne, vous en aurez toujours autant, et cela, gratuitement » serait le message à saisir par l’électorat qui devrait plus facilement  leur permettre une accession aux avantages matériels que procurent l’élection à un mandat politique.

 

Car qui peut croire que la France prendrait la relève de la Flandre dans un soutien à une région pour laquelle, Lenain l’affirme, « tous les économistes sont d’accord pour dire qu’une Wallonie privée des transferts financiers intrabelges verrait ses prestations sociales chuter de quelque 15 % ? ».  Il tombe ainsi dans l’argumentation (mensongère)  du « sac de cailloux porté par les Flamands », si chère à notre Leterme national.

 

Moralité, si le citoyen veut garder le gouvernement, les politiciens, les syndicats, les mutuelles, le double réseau d’enseignement wallons, s’il veut continuer à se dire belge et, qui sait ?, garder la royauté en place, alors il ne peut soutenir le RWF, seul parti rattachiste qui ose proposer une révolution tranquille contre tout ce qui fait le malheur de la Wallonie depuis la création d’un état fédéral flamandisé.

 

Dans le cas contraire, il reste une route, difficile à suivre, emplie d’autant d’aléas que le réseau routier de la Région wallonne comporte de trous, mais prometteuse d’une réunion apaisée à une République dont la devise est « Liberté, Égalité et Fraternité », puissance économique, diplomatique et militaire reconnue mondialement.

 

Car l’élection de quelques élus «rattachistes » ne changera rien à la réalité des faits. Pour la réalisation de ce mariage tant espéré, il faudra un référendum populaire des peuples wallons et français, ainsi que l’accord du personnel politique wallon et français.

 

Et plus nous tarderons à exprimer notre demande au gouvernement français, plus la dégradation économique, sociale et politique de la Wallonie sera prononcée, plus les exigences françaises risquent d’être, à juste titre, du style « à prendre ou à laisser ».

 

Alors que diable, qu’importe les résultats électoraux du RWF, portons notre vérité avec conviction et fidélité. Les événements et les crises qui nous attendent, finiront par convaincre nos concitoyens de la justesse de nos vues !

 

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