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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Nicolas attend des voix par Gilbert Collard

8 Janvier 2012 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

A mon père, notaire à Vaucouleurs, qui fit baptiser sa fille Jehanne à Domremy.

 

 

Si Paris vaut bien une messe, l’élection présidentielle vaut bien un tartuffard pèlerinage politique à Domrémy – la- Pucelle, effectué à dos de sondages fatigués, par le tictaquant troubadour de l’agonie historique française, Nicolas Sarkozy.

 

 

 

Un sursaut de Guéant, de Ciotti, pour donner le change, ne trompe personne. Avec Georges Pompidou, Nicolas Sarkozy est le seul président de la Vème République à n’avoir point assisté aux fêtes de Jeanne d’Arc le 8 mai suivant l’élection.

 

 

 

Et aujourd’hui, jockey ? cycliste ? Chevauchant à urne rabattue son destrier électoral, derrière Marine le Pen, à la poursuite de son électorat, il découvre que Jeanne d’Arc, ce qui est une bonne surprise, peut rapporter, c’est le cas de le dire, des voix ! Alors, sus à Domrémy, sonnez matines.

 

 

 

Il y aurait encore des Français pour s’intéresser à l’histoire charnelle de la France ? Eh oui, n’en déplaise aux mondialistes nombrilistes accueillantistes : « La lecture des sondages montre clairement le maintien de la présence de Jeanne d’Arc dans les mémoires et l’absence de toute autre héroïne. » (Alain Corbin, P 70, Seuil).

 

 

 

Mais du Fouquet’s à la chapelle du bois chenu édifiée à l’endroit où Jeanne entendit les ordres de Saint Michel, de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine, il y a du chemin à parcourir pour être crédible face à la croyante en Dieu et en la France, cette « femme sans sépulcre et sans portrait », qu’admirait Malraux. Nul qui résista un jour pour la France ne put s’empêcher de penser à elle.

 

 

 

Croyante En Dieu ? C’est une affaire de foi, et là, chacun est libre d’y croire ou d’en douter, sans se moquer, en n’oubliant pas, s’il doute, ces mots testamentaires de Vaclav Havel : « Il semble que la chose la plus importante aujourd’hui serait d’adopter une attitude humble à l’égard du monde, de respect en ce qui nous dépasse, de tenir compte du fait qu’il existe des mystères que nous ne comprendrons jamais et de savoir qu’il faut assumer notre responsabilité sans la fonder sur la conviction que nous savons tout… nous ne savons rien, mais l’espoir nul ne peut nous l’ôter. »

 

 

Croyante En la France ? Jeanne, qui signait Jehanne, c’est l’amour de la France ! Nul n’en peut douter. Il fallait vraiment le génie de notre peuple, quand il rêvait en lui, pour réussir ainsi à prophétiser l’exigence de vérité, pour trouver dans ses marches les plus lointaines, les sauveteurs de ses aspirations opprimées : une bergère, une pauvresse : Jeanne, l’épée de Charles Martel au poing. Comme , dans notre histoire, Sainte Geneviève et ses prières ; Gambetta, fils d’immigré et son dirigeable, qui de Tours continue la guerre ; Clémenceau et sa volonté ; de Gaulle et son appel ; Jean Moulin et ses ombres.

 

 

Des femmes, des hommes inspirés par l’amour fou du pays ont accompli cette personnification rebelle qui seule se dresse contre l’asservissement, l’envahissement, le renoncement !

 

 

Seuls, toujours contre tous : contre les ayatollahs de toutes les chapelles laïques, ecclésiastiques, philosophiques, politiques, juridiques, ironiques… Seuls, toujours seuls, jusqu’au bûcher des flammes de l’oubli, de l’ingratitude, de l’enfer. Seuls contre les combines des « Français reniés », les collabos d’alors, du temps de Jeanne, autre temps, autres traîtres, qui ne croyaient pas en la France, les sales cons ! Et pourtant, elle l’a bien foutu en l’air l’imprenable bastille des Tourelles, contre l’avis de tous, vêtue de son armure blanche, brandissant glaive et étendard, accompagnée d’abord par le peuple et ensuite par les chevaliers et capitaines. Le peuple, qui en avait marre d’être occupé, a chargé !

 

 

Elle n’est à personne Jeanne, ni à la droite ni à la gauche ; elle est à celles et ceux qui y croient, surtout en dehors des périodes électorales, et qui lui rendent hommage parce qu’il faut se souvenir « que la patrie chez nous est née du cœur d’une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous », comme le disait Michelet.

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