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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

La France est si belle ... par Gilbert Collard

29 Juillet 2011 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

La France existe encore, le vélo l’a rencontrée.

France, fille aînée du cyclisme ! Grâce aux maillots de toutes les couleurs de tous les coureurs, on a pu, pendant trois semaines, sillonner la France des clochers, des villages, des fontaines, des cafés désuets, des terroirs, des châteaux, en pédalant de tous les yeux dans le patrimoine d’un paysage souverain.

Que le Pays est beau vu d’un vélo que survole un hélicoptère, vu d’un enfant qui regarde passer le peloton, vu d’un adulte encore enfant qui regarde ce serpent d’été aux cent couleurs ! Elles ne sont pas si nombreuses les occasions de revisiter nos paysages délaissés, à bicyclette, comme le chantait Montand. Sans oublier, bien sûr, le distinguo savant développé par René Fallet : la bicyclette sert à faire les courses, le vélo sert à faire la course… Les provinces se pavanent, la Vendée, la Bretagne, la Normandie, le Centre, l’Auvergne, les Pyrénées, le Roussillon, un peu d’Italie avant le Dauphiné, et enfin Paris, les Champs Élysées. Tant pis pour les provinces oubliées, elles auront leur tour dans le Tour à venir.

Autant de cartes postales écrites par l’effort, enfin humain, semble-t-il, des forçats de la route, qui touchent moins qu’aucun footballeur, golfeur, tennisman, mais qui touchent le peuple qui paye en présence.

Eh oui, « le Tour de France met la France sur le pas de la porte », comme le disait Tristan Bernard. On se souviendra de la chanson de Roland, « Pierre », qui vint se faire couronner sur le toit du Tour à l’Alpe d’Huez. Un petit Français sur son grand vélo a volé au secours de notre dépression financière, politique, française en un mot.

Dans l’horreur des fous qui tuent par haine d’eux-mêmes et des autres, des fous de ce siècle sanglant, on a fait « un songe en été » dans lequel le soleil sur les blés avait un goût de confiture. C’est simple et c’est compliqué un Tour de France.

Simple, en ce sens qu’il oblige à retrouver la carte de France des enfances. Compliqué, en ce sens qu’il exige une organisation gigantesque et brasse des intérêts colossaux. Ce qui est magique, c’est que la complexité s’efface sous la simplicité d’un spectacle populaire et paysagé. Dans ce monde mécanique, odieux de démesure, le mouvement de l’homme et de sa machine, réduit à l’effort du facteur des villages d’autrefois, mais à l’échelle des champions, fascine. C’est tout ce qu’il y a encore d’hier dans aujourd’hui qui fait l’intérêt et la grandeur du Tour. On devrait s’en souvenir. Ils ont bien mérité de prendre des vacances, ces préférés de Blondin, homme libre qui toujours chérit le vin,  on s’est tellement fatigué…

 À bientôt, premier dimanche de septembre, pour un autre Tour de France, qui aura pour enjeu le destin de la France !

 

 

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