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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

L'état unitaire belge est devenu une fiction. Jusqu'à quand ? s'interroge Éric Zemour

6 Avril 2010 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

Éric Zemour, journaliste, chroniqueur, romancier français  vient de publier un essai politico-historique sous le titre de ‘La Nostalgie Française ».

 

Ouvrage d’un homme cultivé, amoureux de l’imperium français, il décrit l’histoire tragique du continent européen en quête d’une « pax romana » perdue et où le désir de la retrouver, oppose les deux puissances continentales, la France, tenant de la latinité et l’Allemagne fer-de-lance de la germanité, la perfide Albion utilisant ces déchirements pour asseoir son empire maritime au niveau mondial.

 

Et au milieu de ces affrontements Nord/Sud, le territoire de l’actuelle Belgique devient le champ de bataille habituel, la cassure pratiquement éternelle entre deux cultures diamétralement opposées.   Dans le chapitre « Le Belge », Éric Zemour rappelle cela et évoque la création d’un état factice, voulu par les alliés vainqueurs de l’empire napoléonien, servant de tampon entre la France et les Pays-Bas, boutés hors du territoire occupé par le peuple français de la future Belgique, Brabançons et Liégeois en tête.

 

Cette Belgique virtuelle n’a jamais cessé de subir la rivalité germano-latine en son sein et l’amène doucement à la rupture totale.

 

C’est ce que précise l’auteur de cet ouvrage dans sa chronique sur RTL France à propos de la non-nomination des Bourgmestres de la périphérie bruxelloise.

 

Analyse lucide d’un œil indépendant (mais il n’est pas le seul. Jean Quatremer, journaliste de Libération témoigne souvent du même fait). Il m’a semblé utile de donner la transcription de ce témoignage.

 

«  Les optimistes diront que la querelle linguistique entre Wallons et Flamands est aussi vieille que la Belgique. Et ils n'ont pas tort. La Belgique a été une création de l'Angleterre après les guerres napoléoniennes. Elle a été inventée pour empêcher les Français de tenir Anvers et de contrôler le commerce maritime anglais. C'est un peu notre RDA à nous".

"Pendant longtemps, la bourgeoisie flamande a parlé le français. Le flamand, ou plutôt, les innombrables dialectes flamands étaient la langue des pauvres. Doit-on bégayer par amour du bègue ? » titrait encore Le Soir en 1907".

 

Et Bruxelles?

"Ce n'est que dans les années 50 que le mouvement flamand, profitant de sa domination démographique d'abord, puis économique, a renversé la vapeur. Mais voilà, il y a Bruxelles. Au départ, la ville était une bourgade flamande. Mais en grandissant, en devenant la capitale de la Belgique et de l'Europe, elle est devenue de plus en plus francophone. Le fameux accent belge d’ailleurs, est celui des Bruxellois qui sont passés du flamand au français."

"Cette francisation de Bruxelles est un drame pour les militants indépendantistes flamands, qui ne veulent pas perdre la seule marque belge connue dans le monde entier. Bruxelles est devenue une grande capitale mondialisée avec des services haut de gamme, des salariés très compétents, une population fort riche, grande consommatrice, même si des poches de misère importantes se multiplient au cœur même de la ville. Bref, Bruxelles est un trésor économique que les indépendantistes flamands ne veulent pas abandonner à ces Wallons honnis."

 

La non-nomination des "maires" de la périphérie

"Mais leur arme linguistique se retourne contre eux puisque Bruxelles parle français, alors, pour contenir l'avancée du français dans les communes de la périphérie de Bruxelles, où le flamand est encore censé dominer, ils se font de plus en plus durs. D’où cette histoire de maires dont on rejette l’élection parce qu’ils ont distribué des tracts en français. Ce sont des pratiques dignes de l’occupation allemande, a estimé le président des fédéralistes démocrates francophones. Il faut dire que pendant la Seconde Guerre mondiale, la Flandre était un soutien zélé des nazis, tandis que la Wallonie résistait à l’envahisseur allemand."

 

« L'état unitaire belge est devenu une fiction »

« Dans les compagnies de train ou les télévisions, la scission entre Wallons et Flamands est déjà faite. L'État unitaire belge est devenu largement une fiction. La crise de 2008 a vu les derniers joyaux de la couronne bancaire belge passer sous la domination française. Mais l'officialisation de cette séparation entre Wallons et Flamands serait un symbole cataclysmique pour les institutions européennes qui ont fait de la Belgique un modèle de coexistence pacifique. Alors, la Belgique ressemble de plus en plus à ces héros de dessins animés qui courent encore au-dessus d'un précipice. Mais jusqu'à quand? »

 

Écouter la chronique sur le site de RTL France

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