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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Les médias francophones : nostalgiques du phénomène Degrelle ?

27 Février 2009 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Mouvements d'humeur

Cela tourne à l’obsession. La presse écrite, les radios, les télévisions francophones, jour après jour, relatent avec force de détails, les délires verbaux de Rudy Aernhoudt, ce Flamand venu processionner en rond dans la communauté française.

Son truc pour se faire mousser ? Prendre le discours du MR en l’amplifiant pur et dur, à tel point que ce cher Didier a cru dans ses élucubrations et dans ses capacités à convaincre le peuple de la mauvaise gestion sociale wallonne. Pourtant, contrairement à ce que ce Monsieur prône, ce n’est pas la libéralisation à outrance de l’économie qui crée les conditions nécessaires au développement de la société, mais bien un état régulateur qui aide à l’échange de richesses en veillant à garder l’équilibre entre la juste propriété de chacun et l’injuste appropriation de certains.

 Je ne donnerai pas de « bons points » au gouvernement régional actuel et je pense qu’il serait urgent créer « un Grenelle social et économique » pour tirer la Wallonie du gouffre où les différents gouvernements successifs l’ont précipité.

C’est à partir de la création du fédéralisme que l’on a vu la Flandre monter en puissance au détriment de la Wallonie ,à tel point que la solidarité que les Wallons lui  accordaient du temps de leur splendeur est désormais rejetée pour la Wallonie  par les Flamands, frappés d’amnésie totale sur le passé belge etd'une ingratitude notoire 

A entendre Rudy,ce pourfendeur des assistés profiteurs de régime, ce chantre de l’économie ouverte à tout vent, fût-elle flamande ou américaine, je me dis que l’on assiste actuellement au même discours que Léon Degrelle tenait en 1936, période troublée socialement et économiquement. Mais il faut reconnaître qu’il est inversé.

Alors que les rexistes dénonçaient avec une certaine crédibilité les « banksters », aujourd’hui Lidé dénonce les « rentiers sociaux » et le clientélisme, sans avoir complètement tort sur certaines idées qu’il en donne.

Qui n’a pas connu des chômeurs longue durée exerçant avec bonheur un travail au « noir » ?
Mais lui connaît-il le drame personnel, financier, social, humain qu’engendre la perte d’un emploi ?
Pense-t-il qu'i suffit de limiter le temps du droit aux allocations pour recréer de l'emploi ?
Pourquoi Sarkozi, pourtant peu crédible dans la peau d'un pur" socialiste, augmente-t-il les droits au chômage en France (notamment des jeunes ayant peu travaillé) ?

De ce qui précède, il ne faut pas en conclure qu’Aernhoudt est une réincarnation du tribun populiste disparu. Il n’en a pas le talent, ni la maîtrise de la rhétorique française. Il serait plutôt un ancien haut fonctionnaire flamand, éjecté de son travail, qui aimerait obtenir la rente de député européen, salaire et frais remboursés garantis. C'est nettement plus rentable qu'une allocation de chômage !

Non, ce qui m'inquiète, c’est l’attirance totale des médias pour sa personne qui le place en contestataire des politiques, tous pourris évidemment. Ils lui donnent une tribune inespérée. Il suffit d'entendre Aernhoudt parler du FDF, du MCC, des socialistes et des humanistes pour établir une constat de populisme évident. Va-t-il inviter prochainement ses sympathisants à venir balayer devant le parlement, comme au temps du rexisme ? L'ennui de toutes ces déclarations, c’est qu'un discours néo-poujadiste a toujours des fondements de vérité, ce qui lui donne une apparente sincérité.

La presse veut-elle transformer cette historiette politique de bistrot en émission de « télé-réalité » ? Veut-elle porter atteinte aux partis pour lesquels les Wallons votent habituellement ? Il n’y probablement pas une intention volontaire derrière tout cela. David Pujadas, le journaliste d'Antenne 2, a déclaré dernièrement, le monde des journalistes est semblable à un banc de poissons qui vont tous au même endroit au même moment, sans que l’on y trouve nécessairement un poisson-pilote.

Si c’est la contestation du pouvoir en place qui les inspire, alors pourquoi ne pas braquer leurs projecteurs à égale partie sur d’autres partis émergents ou de minorités actives. La palette en communauté française est assez large de l’extrême gauche à l’extrême droite, en passant par le centre.

Pourquoi cet ostracisme manifeste sur le RWF alors qu’aujourd’hui encore, la presse donne la parole à ce cher Rudy en relatant son ambition, deux sièges à Bruxelles et deux sièges en Wallonie. Cela fait belle lurette que Paul-Henri Gendebien exprime se foi dans les résultats du RWF le 7 juin, mais personne ne la répercute. N’étant pas Tartarin de Tarascon, il ne déclare pas d’un ton suffisant, le nombre de sièges qu’il va gagner !

Une dernière remarque, positive cette fois. Les journalistes de Sud Presse ont tendance ces derniers temps à manifester une certaine liberté de pensée vis à vis des partis non encore élus, osant même comparer le système belge au  français où tous les candidats à une élection ont un temps de parole égal à celui des partis majoritaires, ce dont il faut les féliciter.

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