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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

A son tour, le MR fait le choix de la Belgique flamande

18 Février 2009 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Mouvements d'humeur

J'ai déjà dit combien j'appréciais les chroniques que Claude Thayse publiait sur son blogue.

Aujourd'hui, il vient de faire paraître une réflexion sous ce titre révélateur à laquelle je ne puis rien ajouter. Aussi, je vous la communique, in extenso, en remerciant son auteur pour cette analyse pertinente !


Après avoir annoncé que ce serait un Flamand francophone qui serait tête de liste aux élections régionales à Bruxelles, la presse nous informe aujourd'hui que ce même parti réserve des places sur ses listes – en Wallonie ! – au sous-marin populiste flamand  Lidé  ( Rudy Aernhoudt son patron est la nouvelle coqueluche de la presse francophone - NDLR) dont je vous ai parlé précédemment. Edifiant !

 

Effet de la régionalisation, il est maintenant clair qu'il n'y a plus vraiment de Wallons impliqués dans le champ politique à Bruxelles. C'est pourtant eux, les Wallons de Bruxelles et de Wallonie, qui ont mené le combat pour la défense et la présence de la langue française dans cette ville… Après en avoir fait la richesse par leur travail.

 

Je n'ai évidemment pas l’impudence de prétendre décider pour les Bruxellois et j'ai déjà dit tout le mal que je pensais de l'appendice bruxellois "dit francophone" du MR qui nous avait déjà montré ses visées – territoriales et politiques - sur la Wallonie. Appendice extrêmement conservateur – au sens belgo-nationaliste et anti-flamand – du terme(*). Je ne pensais pas qu'il s'agissait là de ce qui pourrait apparaître comme une tactique concertée pour nous mettre complètement sous influence. Voyez plutôt, ce matin le fils Michel disait à la RTB(f?) que son parti était d'accord avec plus de 85 % des propositions de l'énergumène qui est venu faire son nid à Lustin. Ces propositions, ça signifie pour la Wallonie : un enseignement bilingue (en immersion néerlandaise) qui en abâtardissant le français nous coupera également des autres grandes langues internationales et une circonscription électorale unique favorisant la majorité belgo-flamande (*)… Décidément, les grands libéraux wallons comme François Bovesse ou Jean Rey qui ont défendu l'intégrité française de la Wallonie doivent se retourner dans leur tombe.

 

Et ce n'est pas mieux dans les autres partis, hélas. Autres partis où on assiste aujourd'hui au retour d'expressions vides de sens qui nous ont fait tant de mal comme ces appels à "prendre en compte les "vrais" problèmes de gens" qui cachent les vrais enjeux. Il ne faut perdre de vue que la Flandre va faire face à de très grandes difficultés économiques à très court terme. Ce sera l'occasion pour ceux qui n'ont jamais eu un fifrelin de sentiment wallon de ressortir les vieux oripeaux de cette Belgique qui nous a tant coûté. Il est temps que les Wallons conscients, dans ou en dehors des partis, se ressaisissent. Allons-nous oublier ce que nous a coûté la Belgique dont la richesse et le développement de Bruxelles et de la Flandre se sont fait avec le sang, la sueur et le travail des Wallons ? Allons-nous oublier les trente dernières années de mépris dont la Flandre nous a gratifié ? Avez-vous remarqué à ce propos que les Flamands ne parlent presque plus des transferts ? Allons-nous voler à leur secours, entrainés par les cœurs purs, atterrés par la dégradation galopante de l’économie en Flandre ? 

 

Les circonstances nous sont favorables.  La Wallonie en train de se reconstruire encaisse mieux le choc que d'autres. Il faut agir au plus vite. Et partir !

 

Tout retard nous sera préjudiciable. Il suffirait d'un événement aussi anodin qu'un changement de roi par exemple pour nous faire perdre des années…

 

(*) Sous des déclarations répétées d’appel à un « Etat wallon-bruxellois au sein de la Belgique », ce que certains veulent éviter, là comme en Flandre, c'est l'émergence d'un dynamisme régional wallon et d'un dynamisme régional bruxellois. Car ceux-ci seraient fatals à l'Etat belge. Les problèmes institutionnels sont voulus comme « communautaires », c'est à dire opposant les tenants des deux langues principales. C’est faire le jeu de la Flandre. Le jour où Wallons et Bruxellois ne se sentiront plus liés entre eux par ce lien qui n'a d'autre finalité que de donner la réplique au nationalisme flamand, la Belgique aura cessé d'exister. La Flandre n'ayant alors plus aucun espoir de conquérir Bruxelles qui se sera rendue autonome, et alors oui, elle prendra son indépendance. A contrario, si Bruxelles devenait flamande, la Wallonie serait, au mieux larguée, au pire colonisée. Les positions communautaires, au sens littéral du terme, sont donc, paradoxalement, nécessaire à la survie de l'Etat belge. Il fait partie du rôle de propagande, de la raison d’être, de certains partis de les entretenir en s’abritant derrière des prétextes linguistiques.

(**) Ils se retrouvent sur notre dos, observez les convergences…

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