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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Etat de Droit ou Droit de l'Etat ?

17 Décembre 2008 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

Selon RTL-Info, suite aux informations parues dans la presse selon lesquelles Yves Leterme, le premier ministre, ou son cabinet ont tenté d'influencer la justice dans l'affaire Fortis, les partis flamands de l'opposition ont demandé sa démission.

Même dans certains rangs de la majorité des voix se sont élevées pour demander sa démission Ecolo demande d'urgence un débat à la Chambre et Yvan Mayeur (PS) a parlé de "choses assez graves" dans la lettre que le Premier ministre a envoyée au ministre de la Justice Jo Vandeurzen.  "Un magistrat a trahi le secret", a-t-il dit, pointant aussi le chef de cabinet d'Yves Leterme, "quelqu'un de très proche du Premier ministre".  

Yves Leterme a affirmé ne jamais avoir eu de contact personnel avec des magistrats, y compris dans le dossier Fortis, dans un courrier adressé au ministre de la Justice.

Le chef du gouvernement indique cependant qu'il y a eu « des contacts entre sa chancellerie et le substitut du procureur du roi, Paul Dhaeyer, ancien collaborateur parlementaire du CD&V, ainsi qu'entre la chancellerie et l'époux étiqueté CD&V d'une magistrate ».

Yves Leterme dément toute tentative d'influence de sa part ou de la part de la cellule stratégique . Mais cela peut-il nous rassurer. Le gouvernement agit d’une manière autocratique. L’épouse de l'un ministre vend des actions Fortis en urgence sans qu’il y ait eu délit d’initié, l’épouse d'un proche se fait porter pale au moment de la signature de l’arrêt de la Cour d’appel, le ministre de la justice interdit la remise en liberté d'un truand, certes libéré par erreur, mais tout à fait légalement.

Et l’on retrouve ce total mépris pour la démocratie à tous les niveaux. Dans le fond qu’ont gagné les petits actionnaires de Fortis. Le droit de tenir une assemblée générale où les décisions pourront être prises. Rien n’indique, comme semble l’affirmer Didier Reynders, qu’il n’accepteront pas la reprise par BNP et même qu’ils n’entérineront pas les conditions de l’accord pris précipitamment. Il suffira d’enfin faire la clarté sur ce qui s’est passé entre le moment où les gouvernements belges, hollandais et luxembourgeois sont venus à l’aide de la Banque et la deuxième opération de la semaine suivante.

Mais cela indispose le pouvoir, tout comme à un échelon plus petit, une demande de consultation d’initiative populaire, à Liège, pourtant prévue par la loi et totalement réussie, est sabordée par le bourgmestre de la ville et les quelques initiateurs du projet. Vingt-deux mille citoyens l’ont demandée soit plus des 10 % obligatoires. Il l’ont demandée fermement mais n’ont pas donné en même temps mandat à ceux qui ont récoltés leurs signatures pour négocier autre chose que la demande initiale, le référendum et rien d'autre. Le facteur n'a aucun droit à décider si le courrier qu'il distribue convient ou non à son destinataire !

Notre démocratie est bien malade et ce ne seront pas les vrais socialistes, les vrais démocrates chrétiens et les vrais libéraux qui peuvent accepter cette manière « ubuesque » de conduire le pays.

Mais la grande question que l’on peut se poser à propos de l’affaire Fortis est de savoir si elle ne serait pas le scandale du siècle ? Il y a tellement d’ombres et de brouillard dans ce qui est livré à la presse et aux citoyens, que ce doute peut s’instaurer légitimement car les montants énormes dépensés, les pertes accumulées par les actionnaires et peut-être par les contribuables, par des décisions prises dans l’urgence et au détriment du Droit commercial et public  belge interpellent le citoyen.

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