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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Mais pourquoi en vouloir tant à l'idée rattachiste ?

26 Octobre 2008 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

François Perin a accordé une longue interview à l’hebdomadaire Knack du 21 octobre.

Une très intéressante description de l’homme et de sa carrière politique est faite. Homme intègre, mais versatile, il a évolué tout au long de sa vie parmi une série de partis. Mais ne dit-on pas qu’ils n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis .

Dans son article le journaliste écrit « Lors de la Seconde Guerre mondiale, François Perin, alors âgé de 20 ans, adhéra au mouvement clandestin « Wallonie Libre » et devint membre, en 1944, du Parti Socialiste Belge (PSB). Ses critiques lui reprocheront plus tard d’être le recordman absolu de la versatilité politique, car le professeur a accompli, au long de sa carrière, plusieurs bonds politiques curieux. Un parti n’est qu’un instrument, estimait François Perin, et il a toujours agi en conséquence. Mais tant ses amis que ses ennemis reconnaissant que cet homme au tempérament fort, orateur brillant, doté d’une intelligence fine et d’un humour mordant, a amené en politique un niveau intellectuel d’une rare élévation. »

Mais plus loin,  dans l’interview accordée, le journaliste ajoute encore : «  François Perin ne s’engagera vraisemblablement plus. Pourtant, l’idée rattachiste gagne incontestablement du terrain en Wallonie. Cela n’a pas encore abouti à des glissements au niveau des partis politiques. La liste Rassemblement Wallonie-France de Paul-Henry Gendebien n’a même pas obtenu 2 % aux élections communales de 2006. Et François Perin, qui était âgé à l’époque de 85 ans et avait soutenu la liste de son ancien adversaire, ne récolta que 504 voix de préférence. En fait, Perin trouve qu’un parti politique rattachiste est par principe une mauvaise idée. Celui qui veut rattacher la Wallonie à la France n’a, en effet, par définition, aucun programme à proposer aux électeurs belges en termes de contenu. Il est préférable d’influencer l’opinion publique avec un travail d’étude sérieux. »

L’analyse semble assez pertinente, encore qu’elle témoigne à nouveau d’une orientation nouvelle, ce qui n’est pas nouveau chez lui.

Comment ne pas être d’accord sur le fait que les électeurs reprocheront au RWF un manque de contenu au programme si ses candidats se contentent de déclarer qu’ils veulent le rattachement à la France . J’en suis intimement persuadé et l’ai souvent déclaré.

Dans mes réflexions du 21 octobre dernier, paru sous le titre « Les manœuvres électorales ont commencées », je disais notamment:  « Au RWF de montrer qu’il n’est pas qu’un mouvement de quelques amoureux romantiques de la France, mais bien le rassemblement de citoyens qui se disent qu’il vaut mieux faire partie de la sixième puissance mondiale et d’une société de plus de 60 millions d’individus, avec laquelle nous avons la chance de partager la langue, la culture et un bon nombre de ses valeurs.

 

L’on dit souvent que l’élection de quelques candidats d’un parti ne peut être suffisante pour avoir une influence significative au parlement ou dans les institutions. C’est totalement faux, car s’ils sont actifs et se joignent aux forces qui vont dans le bon sens, il peuvent être l’aiguillon qui fait changer les choses. L’on a bien vu en Flandre la force du petit NV-A dans le cadre du cartel avec le CD&V, tout puissant.

 

Comme le RWF accepte fraternellement toutes les sensibilités politiques, de la gauche à la droite en passant par le centre, ses candidats devraient s’engager à participer activement à la vie politique belge en défendant toutes les propositions législatives qui sont favorables à la Wallonie, économiquement et socialement, de quelque bord qu’elles proviennent, car il est important que notre région soit en bonne santé pour rejoindre dans les meilleures conditions nos frères français.

 

En revanche, ils s’engageraient également à rejeter et à combattre fermement toutes celles qui vont à l’encontre de ces objectifs et à se montrer particulièrement attentifs à un juste partage des richesses nationales, indispensable en cas de scission.

 

En effet, l’électeur doit craindre des « arrangements » entre les politiques qui seraient défavorables à la Wallonie, comme cela est arrivé à chaque négociation institutionnelle dans le passé.

 

En ce sens, le RWF s’imposerait comme un mouvement d’unité nationale wallonne en opposition aux luttes idéologiques fratricides des personnalités politiques wallonnes qui permettent à la nation flamande d’être à chaque fois la grande gagnante des négociations entamées entre communautés. »

 

Cela rejoint en partie la pensée de François Perin , mais s’en écarte définitivement lorsqu’il  dit « qu’un parti politique rattachiste est par principe une mauvaise idée. »

 

C’est la voie la plus directe, après plus de 50 ans de ratage fédéraliste et qui offre une réponse viable au problème d’une crise mondiale. L’avenir d’une Wallonie indépendante, seule, isolée de tous dans la tourmente de la mondialisation est encore plus difficile à croire pour l’électeur wallon que l’idée du retour à la France.

 

C’est pour cela que beaucoup se « raccrochent » à la Belgique en train de sombrer. Mais pourquoi veulent-ils absolument rester sur un canot en perdition alors qu’un transatlantique s’offre à eux ?

 

Pour ceux qui veulent consulter l’article traduit par les bons soins de Jules Gheude, cliquez sur ce lien : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/96/12/PERIN---KNACK.pdf

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