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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Perles surréalistes francophones bruxelloises

18 Août 2008 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Wallonie-France

Dans son édition du  lundi 18 août, la Libre Belgique rapporte que « Bernard Clerfayt, secrétaire d'État aux Finances et bourgmestre (FDF) en titre de Schaerbeek dénonce les règles applicables dans les administrations communales bruxelloises depuis les lois linguistiques de 1962-1963 et qu’il propose de faire évoluer les règles contraignantes et inadéquates qui obligent les pouvoirs publics à tenir compte de clés de répartition linguistiques non conformes à la réalité sociale et aux enjeux contemporains de Bruxelles.  Elles garantissent 25% d'agents néerlandophones dans toutes les administrations alors que le nombre de néerlandophones ne dépasse jamais les 15 pc dans les communes. Il propose dès lors de faire correspondre le rôle linguistique des agents communaux au volume des affaires traitées.

Bernard Clerfayt répondait à Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité et à Jean-Marie Dedecker, sénateur, qui s'étaient exprimés sur Bruxelles la semaine dernière dans Le Soir, se déclarant également favorable à l'idée d'ouvrir certaines fonctions administratives à des agents maniant l'arabe, le turc, l'allemand et le bulgare.

Il ajoute, mais sans doute s’agit-il là d’une boutade ou d’une provocation, que l'on pourrait accorder aux 120.000 électeurs francophones de la périphérie les mêmes garanties que celles accordées aux 60.000 électeurs flamands de Bruxelles, soit 17 sièges au parlement flamand et un ministre au gouvernement. »

Le constat d’une sur-représentation des Flamands à Bruxelles et l’ironie ne changent rien au terrible fait qu’il est le résultat encore une fois du fameux « compromis à la belge », compromis où pour des raisons électorales ou financières, les élus wallons et bruxellois s’aplatissent devant les revendications flamandes (maintenant, il ne faut plus dire flamingantes, c’est devenu la même chose) et leur donnent un pouvoir auquel ils n’auraient démocratiquement pas eu droit.

Il est un peu tard pour constater que la loi de la majorité s’applique à l’état fédéral, écrasant ainsi le vote de l’électeur francophone et qu’elle n’est pas appliquée par privilège spécial à Bruxelles Capitale.

Il est aussi irresponsable de vouloir prouver la grande tolérance des francophones (décidément, je n’aime vraiment pas ce terme mi-bruxellois, mi-wallon) en proposant d'ouvrir les administrations à toutes les langues pratiquées sur le territoire.

C’est ce qui a créé le problème linguistique flamand en Belgique. Si comme en France, en 1830 lors de la révolution, le français était devenu la seule langue officielle du nouvel état, le pays n'en serait pas là et les flamands utiliseraient leur langue comme les wallons le font actuellement. C'est à dire que ce serait une langue régionale de convivialité et d'appartenance et non l'enjeu d'une lutte pour une suprématie linguistique.

Nos politiciens veulent-ils demain d’autres problèmes de ce genre avec les communautés d’immigrés les plus importantes ?

Je sais, Rudy Demotte, le ministre-président de la Région Wallonne avait déjà fait le premier pas en manifestant la volonté d’aider financièrement les communes wallonnes qui s’ouvriraient à d’autres langues que le français. Mais comment un élu FDF, allié aux libéraux wallons peut-il copier servilement un socialiste « grand teint », fut-il même en même temps ministre-président de la Communauté française ?

Non, Bruxelles et sa Belgique ne sont pas l’exemple à suivre, ni pour nos régions, ni pour les États européens, car il ne conduit qu’à des augmentations de probabilité de conflits futurs !

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