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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Cristallerie du Val Saint-Lambert: dépôt de bilan

11 Août 2008 , Rédigé par René G. Thirion Publié dans #Economie liégeoise

Triste nouvelle pour les Liégeois, triste nouvelle pour tous ceux qui avaient mis leur espoir dans la gestion de Sylvie Henquin, louée et encensée à souhait par la presse locale et nationale, la Cristallerie du Val Saint-Lambert est en faillite.


Triste mais affligeante quant à la manière dont nos anciens "fleurons" industriels ont été géré par la Région au cours des dernières décénies.

Car cette nouvelle n’est jamais que la réédition, probablement non voulue mais bien réelle, d’une ancienne affaire "Bernard Tapie" en Wallonie.

En effet, un certain parallélisme est à établir entre les Raquettes Donnay de Couvin, mondialement connues à l'époque de Björn Borg et les Cristaux du  Val Saint-Lambert qui possèdent la même notoriété.

Rappelons les faits. En 1988, la société Donnay se trouvant en difficulté profonde face à une mutation dans la production de raquettes de tennis, Bernard Tapie se présente en sauveur de l’entreprise et bénéficie de toute la sympathie tant des politiques régionaux que des syndicats.

Hélas en 1990, Tapie revendit pour une belle somme à la Région Wallonne une société à bout de souffle, avec une marque dépréciée qui allait rapidement disparaître du panorama économique. Tellement bien d’ailleurs qu’il est difficile actuellement  de trouver des renseignements sur l’histoire de cette opération financière sur « Google », un moteur de recherche pourtant puissant.

Le problème se situe maintenant dans l’équation suivante :

il y a la Cristallerie du Val Saint-Lambert en faillite, occupant une soixantaine de personnes qui n’a plus de circuit commercial et un Val Saint-Lambert International, société cotée en bourse qui n’a plus de cristallerie, mais qui n'est pas en faillite.

Quelles sont les possibilités de sortir de la crise ?

1° pour la Cristallerie ? Trouver un repreneur, mais quel sera son intérêt sans posséder la marque ? Travailler comme sous-traitant pour elle?  Scénario difficilement imaginable.

2° Pour Val Saint-Lambert International ? Trouver d’autres fournisseurs pour écouler des cristaux portant le nom prestigieux, mais provenant d’autres ateliers, asiatiques par exemple ? Mais dans ce cas, combien de temps l’aura de la marque continuera-t-elle de briller ?

3° le rachat de la marque par la Région Wallonne (ou par un autre investisseur)? Pour pouvoir à nouveau faire fonctionner la cristallerie et trouver un nouveau gestionnaire Mais à quel prix ? Moins cher, au même prix ou plus cher que celui payé par Val Saint-Lambert International, il y a peu pour la propriété du nom ?
Dans le troisième cas, celui d'un paiement prohibitif, l’on retrouverait les mêmes conditions que celle de l'achat d'un Donnay agonisant à Bernard Tapie, heureux revendeur, au grand dam des contribuables wallons.

Y-aurait-il une autre solution ? Pourquoi ne pas oublier cette marque prestigieuse certes, mais image d’un passé révolu et investir l’argent que la région serait prête à dépenser pour le rachat du nom dans une nouvelle cristallerie modernisée et prête à se lancer dans le challenge actuel avec un nouveau label. Par exemple, le véritable "Cristal du Pays de Liège".

Le monde entier est devenu un petit village. Bien vite, il saurait que la qualité et le savoir-faire des artisans du Val Saint Lambert se retrouvent dans cette nouvelle appellation et que ce qui pourrait être nouvellement commercialisé sous l’ancienne n'aurait plus aucun rapport avec notre richesse artisanale et artistique.

Une dernière question se pose. Qui détient les modèles existants et qui peut les exploiter ?

C'est une solution que nos dirigeants n’ont certainement pas (encore?) en tête et qui, pourtant, donnerait une nouvelle chance de jeunesse à cette grande dame qui n’en finit pas de mourir !

 

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