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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Vers libres d’un esprit qui se meurt

30 Juillet 2018 , Rédigé par Georges Bleuhay

Ce poème fut écrit alors que je perdais la vision avec l'angoisse de l'opération de la cataracte. 

Merci au Professeur Galand qui m'a littéralement ressuscité !

 

Quelle est cette brume mortelle

Qui s’installe dans ma vie et assombrit 

Mes derniers jours de bonheur ?

Las, s’éveiller en se sentant diminuer chaque matin,

L’oeil s’éteignant à la lumière du monde ;

Perdre le plaisir d’écrire,

Murant l’âme et le cœur en désespérance.

Seule une loupe salvatrice me permet encore

De lire quelques mots bien dérisoires

Qui me rappellent les moments heureux

Où Musset, Géraldy ou Lamartine

Furent mes tendres compagnons.

Perdues ces communions intenses

Où les mots pénétraient la vue

Et ressortaient par la voix

En une musicale déclamation 

Je ne puis m’y faire

Et si l’opération qui devrait me ressusciter

Devait, par malheur, se transformer

En cauchemar d’une nuit éternelle,

Mon cœur ne pourrait plus battre

Et s’arrêterait comme une pendule

Ayant perdu la notion du temps qui passe.

À quoi peut encore servir

Un enregistreur lorsque règne le silence ?

 

Sur ma dernière demeure,

Ami, je te demanderai

De graver dans la pierre froide

Ces quelques mots résumant toute mon existence :

Il est venu,

Il a vécu,

N’en parlons plus.

 

Chut !!!

 

Georges Bleuhay - La coeur fou - Edilivre Paris 2014

Photo gratuite de StockSnap sur Pixabay

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