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Le blogue de Georges Bleuhay le poète de Méry-sur-Ourthe

Un agenda tragique

6 Février 2018 , Rédigé par Georges Bleuhay Publié dans #Nouvelle

J’ai décidé de confier à ma plume les moments les plus atroces, les plus cruels, les plus destructeurs que j’ai connus dans la vie. Oh, pas sous la forme de poèmes me rappelant la grande tristesse de l‘âme qui m’envahit parfois et que j’ai commencé à écrire dans le mois qui a suivi la mort de ma femme sous forme d’une épitaphe placée sur sa tombe pour clamer mon malheur.
 

 « La destinée d’un ange est de rejoindre les cieux

Et de quitter cette terre de malheur

Où le temps assassine la plus belle fleur

Où la Mort contraint au pénible adieu

 

Ce fut le cas de mon aimée de ma tendre maîtresse

Apparition féerique à mon regard d’adolescent

De celle qui deviendrait l’esclave et la déesse

De mon amour et de mes désirs incandescents

 

Fou je devins fou de ses yeux où j’aimais me noyer

De sa voix aux inflexions qui me faisaient trembler de désir

Du parfum dégagé par sa nuque à la fois si prenant et si léger

Du goût de sa peau de son corps où j’aimais m’engloutir

 

Près de cinquante ans, je ne respirais que grâce à elle

Elle était mon sang mon oxygène, ma graine d’éternité

Celle qui me rendait bon lorsque je me sentais cruel

Celle qui apaisait mes colères lorsque je sentais son cœur blessé

 

Elle m’a quitté me laissant comme un orphelin abandonné

Au fond d’une forêt lugubre où la nature se révèle hostile

Sanglotant de peur et de désespoir dans une nuit sans clarté

Dieu que la vie sait être vaine et inutile »

Le temps a passé mais la blessure est restée béante et quand reviennent à ma mémoire ces jours maudits, leurs souvenirs me taraudent le cœur et m’obligent à quitter la douceur de la poésie pour une prose moins lyrique, plus humaine, dans un cri non réfléchi me sortant des tripes.

Enfin, je me délivre l’esprit en couchant sur le papier l’horreur que j’ai connue lors des jours qui ont précédé la fin de mon grand amour. La fin ? Le mot n’est pas juste, car je l’aime toujours autant et chaque heure qui passe atteste de son absence définitive ce qui m'est insupportable.

Je rédigerai donc ma relation des événements sous forme d’un journal intime, d’un agenda fatidique que je fermerai quand il n’aura plus lieu d’être.

Aussi, relater l’agonie dont j’ai été le témoin à défaut de me consoler pourrait, peut-être, devenir une thérapie me permettant d’aborder les mois ou années qui me restent à vivre plus sereinement, une sorte d’aveu de la faiblesse que je tentais de cacher dans la solitude. Aujourd’hui je me confie aux lecteurs, ceux qui ont connu ou ceux qui vont connaître les affres de la peur, de l’angoisse, de l’impuissance, face à l’horrible mégère, la dame à la faux ravageuse, venue les visiter et emporter avec elle ce trésor dont on a toujours ignoré sa grande valeur tant qu’on ne l’a pas perdu.

Je sais qu’ils me comprendront, car le langage du cœur est un langage universel qui n’a pas besoin de traducteur, l’émotion et la compassion suffit !

Georges Bleuhay - écrit en attente de publication - Tous droits réservés

 


 

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Elisa Galam 06/02/2018 15:10

Beaucoup de tristesse mais tellement d'amour dans vos mots. Ils sont le reflet de votre souffrance avec beaucoup de pudeur.