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Ô chalet suisse de mon enfance
Frôlé par le méandre d’un ruisseau
Et j’en garde encore la souvenance
D’y avoir joué seul les pastoureaux

Éperdu d’amour, c’est un riche amant
Qui pour sa maîtresse le fit ériger
Mais sa déconfiture intervenant
Ce nid d’amour sera abandonné

C’est ainsi que mon grand-père l’acheta
Que j’eus la chance d’en faire mon domaine
Durant mes plus jeunes années à Spa
De la nature je fis mon aubaine

Je parcourus les bois environnants
Par tous les temps, dans toutes les saisons
Les frondes des fougères apparaissant
Annonçaient la venue de l’Ascension

Retrouver la chaleur des clairières
Et la fraîcheur de l’eau d’un ruissele
Sous l’ombre propice des sapinières
Des libellules admirer le ballet

Et sous les premiers flocons de neige
La nature se figeait et s’endormait
Et l’on pouvait se croire en Ariège
Quand sur le pays l’hiver s’abattait

Quel plaisir d’être au chaud à Bel Abr
Car c’est le nom que la villa portait
Son toit de tuiles rouges soudain blanchi
Lui donnait d’une gravure l’attrait

Hélas, depuis le temps s’est écoulé
Et sous les ans mes cheveux ont blanchi
Bel-Abri est en train de s’écrouler
Et la plupart de ses planches ont pourri

Chaque fois que je passe sur la route
Je ne peux que voir son délabrement
Son propriétaire trop vieux sans doute

Laisse sa fin arriver lentement

Quelle tristesse, quelle nostalgie
Qui s’empare de moi à cette vision
Car elle représente la fin de ma vie
Bel-Abri et moi sommes en perdition 

Georges Bleuhay- Le coeur marigot - Edilivre Paris

 

Tag(s) : #Poésie

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